Beaucoup voient en Vlad Tepes
l'origine des vampires, se basant pour cela sur sa célèbre cruauté, son
habitude d'empaler ses victimes, ses ennemis et souvent même de pauvres
innocents, les atrocités dont il était capable et parmi lesquelles
l'empalement n'était qu'un exemple qui est passé à la postérité (on
oublie par exemple qu'il faisait bouillir les bébés de femmes qui
venaient d'accoucher après quoi il obligeait les infortunées à manger
l'horrible mixture accompagnée d'autres éléments que l'on imagine
facilement horribles...)
C'est Bram Stoker qui on ne sait trop pourquoi, a
pris Vlad Tepes (ou Vlad Dracul) comme modèle pour son vampire car si le
Vlad en question était tout sauf un gai compagnon, il avait aussi la
réputation d'être "dur, mais juste" et d'avoir fait beaucoup pour sauver
la situation dans le contexte historique tourmenté qui était le sien. Il
n'en reste pas moins que l'étude du personnage mérite amplement d'être
réalisée car non seulement elle aboutit sur une affaire mystérieuse que
le CERPI étudie en profondeur, mais aussi parce qu'elle permet des
révélations parfois plus que surprenantes.
Nous tenterons donc de ne retenir que l'essentiel à
son propos tout en avertissant le lecteur que malgré certaines
longueurs, une lecture par trop superficielle l'exposerait à des lacunes
importantes...
Lorsque l'on parle du "tristement célèbre" Vlad
Tepes, ou Vlad Drakul, on parle en fait de Vlad III l'Empaleur (Draculea
en roumain) Prince de Valachie en 1448, 1456-1462 et 1476. Il est né en
décembre 1431 à Schässburg/Sighisoara. Son père était Vlad II le Dragon
(Vlad Dracul). Il serait mort en 1476 à Bucarest à une date qui n'est
pas connue avec exactitude (?)
Les
célibataires n'ayant pas bon caractère retrouveront courage en apprenant
qu'il fut marié trois fois. Sa première épouse fut Jusztina Szilagyi, la
deuxième Cnaejna Bathory de Transylvanie et la troisième Ilona Hunyade
(Nelipic) de Valachie.
Vlad, était issu de la famille des Basarabi (Basarab), qui a donné
quantité de personnages importants en Valachie, et en Transylvanie,
Son surnom resté dans les chroniques occidentales, écrites bien après sa
mort, est Tepes (« l'Empaleur » en roumain), qui signifie celui qui mène
au pal, du nom de sa méthode favorite d'exécution. Les chroniqueurs
turcs eux-mêmes l'ont appelé Kaziglu Bey, ce qui signifie «Le Prince
Empaleur». Ce nom n'a jamais été utilisé par les contemporains de Vlad
(on se demanderait bien pourquoi !), et on le trouve pour la première
fois dans une chronique de Valachie de 1550, soit un siècle après sa
mort.
Sa vie et ses actions s'inscrivent dans le contexte extrêmement
mouvementé du milieu du XVe siècle pour l'Europe de l'est. Le
Saint-Empire romain germanique et les pays chrétiens d'Europe de
l'ouest, en particulier les royaumes d'Autriche, de Hongrie et de
Pologne sont sérieusement menacées par la poussée de l'Empire ottoman,
qui vient de faire tomber définitivement l'Empire Byzantin avec la chute
de Constantinople le 29 mai 1453. Les régions qui se situent entre les
deux empires constituent le dernier rempart de la Chrétienté (catholique
et orthodoxe) contre les Musulmans, et sont le théâtre de batailles
acharnées. Les sultans consolident leur contrôle sur Constantinople,
renommée Istanbul et assiègent les Balkans, jusqu'à se rendre maîtres de
la plus grande partie de cette région, futurs États modernes comme la
Serbie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, l'Arménie, et la Grèce,
pour être finalement arrêtés aux portes de Vienne.
On l'a aussi surnommé Dracula. Ce nom est celui de sa
famille, les Draculea, issus de la dynastie des Basarab. Le premier à
avoir porté ce nom est son père, Vlad II le Dragon (Vlad Dracul). En
roumain, dracul se traduit directement par «le dragon» ou «le diable»
(dans les langues européennes, le mot qui désigne le dragon et le mot
qui est un des noms sous lequel on désigne le Diable, ont la même
origine). Le blason des Draculea porte la figure d'un dragon, sorte
d'animal totémique de la famille.
Vlad Tepes connaît déjà une célébrité importante de
son vivant, répandue surtout par les marchands saxons de Transylvanie,
et par Mathias I Corvin le Juste (Matthias Corvin), le roi de Hongrie.
Il est en effet connu comme étant un souverain cruel qui empale ses
ennemis. Il aurait empalé dit-on des centaines de milliers d'hommes, et
en particulier les négociants allemands de Transylvanie, membres de la
vieille noblesse, les paysans qui se dressaient contre lui, ainsi que
les prisonniers turco-ottomans. En étant plus cruel encore que ses
ennemis, il permit ainsi d'insinuer le doute parmi les Turco-ottomans
quant à leur supériorité guerrière.
Cette popularité s'est vraiment propagée avec la diffusion du personnage
de Dracula, inventé par Bram Stoker pour son roman en 1897. Ce roman ne
se base pourtant pas directement sur le règne cruel de Vlad Tepes. C'est
une fiction censée se dérouler en Transylvanie et au Royaume-Uni au XIXe
siècle. Néanmoins, en raison de son règne sanglant, Vlad Tepes Dracula a
été immortalisé par Stoker sous la forme d'un vampire assoiffé de sang.
Lorsqu'on examine les sources écrites qui relatent les faits et gestes
de Vlad Tepes, on s'aperçoit qu'il y a deux visions différentes de la
vie de Vlad III, prince de Valachie au milieu du XVe siècle.
Vlad Tepes serait un monstre modèle de cruauté. Vlad est une brute qui
aime répandre le sang, le feu, la mort partout (on prétend même qu'il
boirait le sang de ses victimes, qu'il «sauce» son pain avec ! Voilà qui
impressionne par rapport aux vampires !), qui tue tous ceux qui se
mettent en travers de sa route, en leur réservant des morts atroces,
dont celle du pal.
Au début du XIXe siècle, cette thèse a été relancée par la publication
en allemand des Histoires de la Moldavie et de la Valachie de Johann
Christian Engel, qui présente Vlad Tepes comme un tyran sanguinaire.
Son père est Vlad II le Dragon (Vlad Dracul), prince de Valachie de 1436
à 1442. Origine de la famille des Draculea.
Son oncle est Alexandru Ier Aldea (Alexandru Aldea), prince de Valachie
de 1431 à 1436.
Son grand-père est Mircea Ier l'Ancien (Mircea cel Bàtrân), prince de
Valachie de 1383 à 1418.
Le frère de son grand-père est Dan Ier de Valachie (Dan), prince de
Valachie de 1383 à 1386, associé à son frère Mircea l'Ancien. Il est à
l'origine de la famille des Danesti adversaire des Dracul
Son aïeul est Radu Ier de Valachie (Radu), prince de Valachie de 1436 à
1442.
Son bisaïeul est Nicolae Ier Alexandru de 1352 à 1364.
Son trisaïeul est Basarab Ier cel Mare, prince de Valachie de 1310 à
1352.
Le père de son trisaïeul est Tihomir, prince de Valachie de 1290 à 1310.
Le grand-père de Vlad III fut Mircéa I "Le Vieux" mort en 1418.
Il
n'était donc manifestement pas exagéré de considérer Vlad Tepes comme un
noble puisqu'il l'était bel et bien, de longue date et de père en fils,
d'autre part, sa gloire se justifia par ses nombreuses victoires
militaires. Cette thèse, d'essence occidentale, trouve son origine dans
la haine et le ressentiment de ses adversaires, les marchands saxons et
les boyards de Transylvanie, qui ont toujours lutté pour conserver leurs
privilèges dans ces régions.
La diffusion d'écrits favorables à cette version en Europe a été
fortement encouragée par Mathias I Corvin le Juste (Matthias Corvin), le
roi de Hongrie, qui cherchait à justifier son changement d'attitude :
après avoir soutenu Vlad dans toutes ses actions, surtout celles contre
les Turcs, il soutient son frère Radu III l'Élégant (Radu cel Frumos),
qui est le candidat des Ottomans et chef des armées ottomanes, alors que
Vlad est vaincu et lui demande de l'aide, seul à Brasov.
Il vaut mieux faire passer Vlad pour un fou
incontrôlable, presque surnaturel.
Il était marié légitimement à Ilona Hunyade, sœur de Mathias I Corvin le
Juste (Mathias Corvin), roi de Hongrie. Dans cette branche tous ses
descendants porteront le nom de Draculea : son fils Vlad, ses petit-fils
Vlad de Sinesti et Ion de Sinesti, son arrière petit fils Ioan de Band.
Sa descendance non légitime, issue de sa liaison avec la fille de
l'armas Dracea de Manesti, est plus visible :
son fils est Mihnea Ier cel Rau (Mihnéa "Le Mauvais"), prince de
Valachie de 1508 à 1509, et épousera Voica, fille de Vlad IV Calugarul,
il mourut en 1510; sa petite fille est Ruxandra Dracula, qui épousera
Bogdan cel Orb prince de Moldavie de 1504 à 1517;
son arrière petit-fils est Petru Schiopul, prince de Moldavie de 1574 à
1577 ;
son arrière arrière petit-fils est Mihnea II Turcitul , prince de
Valachie de 1577 à 1591 ;
son arrière arrière arrière petit-fils est Radu IX Mihnea, prince de
Valachie de 1611 à 1626 ;
son arrière arrière arrière arrière petit-fils est Alexandru III
Coconul, prince de Valachie de 1623 à 1627, prince de Moldavie de 1629 à
1630.
Mihnéa "Le Mauvais" eut avec Voica une fille, Ruxandra Dracula, et avec
Smaranda Szapolya un fils, Mircea III.
Ce fils eut avec Despina de Moldavie deux fils, Milos Voda mort en 1577,
et Petru III "La Lame", mort en 1594.
Petru
III eut trois femmes reconnues, Maria Gronitz, avec qui il eut un fils
Mircéa V, Irini "La Gitane", et Maria Aroisali. Sa fille Maria Dracula
épousa Peter Bornemisza de Kapolna, ils eurent à leur tour une fille
Zsuzsanna Bornemisza de Kapolna qui, avec son mari Gaspar Kendeffy de
Malomviz ( ou Malmoliz ), sont des ascendants direct de la famille
royale de Windsor. Qui aurait pu soupçonner que la famille royale de
Windsor avait de la famille chez les Drakula ?
En premier lieu, Windsor est une ville anglaise,
située dans le Berkshire, à l'ouest de Londres, et où se trouve le
château de Windsor.
Elle a donné son nom, en 1917, à la famille royale
britannique, devenue Saxe-Cobourg depuis 1901 (la reine Victoria,
dernière des souverains de la maison de Hanovre, ayant épousé le prince
Albert de Saxe-Cobourg).
Voilà qui ferait donc sursauter plus d'un belge que
d'apprendre que sa famille royale est indirectement apparentée à celle
de Dracula !
Né à Schässburg, Transylvanie en 1431, Vlad vit ses
premières années à la cour de son père, Vlad II le Dragon (Vlad Dracul),
prince de Valachie, à Târgoviste.
En 1442, il est envoyé comme otage au sultan Murad II, avec son jeune
frère Radu III l'Élégant (Radu cel Frumos); il est retenu en Turquie
jusqu'en 1448, et son frère jusqu'en 1462. Cette période de captivité
turque a joué un rôle important dans la montée au pouvoir de Vlad.
Probablement a-t-il adopté dans cette période son attitude
intransigeante face à la vie.
Dans cette première moitié du XVe siècle, le trône de Valachie est
disputé par les familles cousines, la famille des Danesti et la famille
des Draculea. Les Danesti appellent les Hongrois pour les aider, sous
prétexte de combattre les Ottomans, alors que les Draculea négocient
avec eux.
En 1447, le père de Vlad, Vlad II le Dragon (Vlad Dracul), a conclu la
paix avec les Ottomans. En novembre 1447, Jean Hunyade (Ioan Hunedoara),
gouverneur de Hongrie depuis 1446, entreprend une expédition en Valachie
en partant de Brasov. Vlad II est capturé et tué à Balteni, avec son
premier fils Mircea II le Jeune (Mircea cel Tânar). Hunyade se proclame
lui-même le 4 décembre 1447 voïvode des régions transalpines à
Târgoviste. Ce titre lui permet d'installer un Danesti, le fils de Dan
II, Vladislav II de Valachie (Vladislav) sur le trône de Valachie.
En 1448, Vlad III l'Empaleur rentre alors
d'Andrinople, soutenu par une cavalerie turque et un contingent de
troupes prêtées par le pacha Mustafa Hassan, et profite de l'absence de
Vladislav, éloigné de Târgoviste par les combats à la deuxième bataille
de Kosovo, pour monter sur le trône. Mais Vladislav le chasse deux mois
plus tard (octobre-novembre 1448) lorsqu'il revient, et il doit s'exiler
en Moldavie, où règne Bogdan II. Il se lie d'amitié avec le futur
Étienne III le Grand (Stefan cel Mare).
Plus tard, Jean Hunyade (János Hunyadi), qui doit partir défendre
Belgrade, lui confie une armée pour défendre le sud de la Transylvanie.
Vlad Tepes en profite, avec l'aide de boyards de Munténie pour reprendre
le trône de Valachie en se débarrassant de Vladislav II en août 1456.
Vlad commence sa plus longue période de règne — six ans — pendant
laquelle il sait qu'il ne peut garder sa place qu'en la défendant
chèrement contre tous ceux qui la convoitent. Afin de consolider son
pouvoir, il s'efforce de centraliser l'autorité, de la même façon que
Mathias Corvin en Hongrie, ou Louis XI en France. Il fallait pour cela
éliminer sans pitié tout ceux qui pouvaient la déstabiliser. Il a donc
installé un régime de terreur, de telle façon à ce que tous le redoutent
et le craignent.
Il est inflexible lorsqu'il s'agit d'honnêteté et l'ordre. La plus
petite infraction, du mensonge jusqu'au crime, pouvait être punie du
pal. En fait, Dracula connaissait les vertus pédagogiques de la
terreur.;Sûr de l'efficacité de sa loi, Vlad place un jour une coupe en
or en plein milieu de la place centrale de Târgoviste. Les voyageurs
assoiffés auront le droit de se servir de la coupe mais elle doit rester
en place. Selon les sources historiques, celle-ci ne fut jamais dérobée,
et resta pratiquement inutilisée tout le temps du règne de Vlad.
Il dirige aussi sa vengeance contre les boyards responsables de la mort
de son père et de son frère Mircea. Le dimanche de Pâques 1459, il
arrête toutes les familles de boyards qui faisaient la fête à la cour
princière. Après avoir mis au pal les plus vieux, il oblige le reste à
marcher jusqu'à la ville de Poenari. La route fait une centaine de
kilomètres, et est difficile. Il ne permet pas aux survivants de se
reposer à leur arrivée, il leur ordonne immédiatement de construire une
forteresse sur les ruines d'un ancien avant-poste, avec vue sur l'Arges.
Beaucoup meurent. Vlad crée une nouvelle noblesse parmi ses paysans, et
réussit à se faire construire rapidement une forteresse avec l'ancienne.
Cette forteresse est identifiée aujourd'hui comme le Château de Bran.
Château de Bran

Château de Bran

Maison natale de Vlad
Vlad Tepes demeure connu pour ses techniques de punition
brutales; selon les dires des boyards Saxons de Transylvanie, il ordonne que
les punis soient écorchés, bouillis, décapités, rendus aveugles, étranglés,
pendus, brûlés, frits, cloués, enterrés vivants, etc. Il aime couper le nez
de ses victimes, les oreilles, les organes génitaux, et la langue. Mais sa
méthode favorite est la mise au pal, d'où son surnom d'empaleur.
Il applique cette technique en 1457, en 1459 et en 1460 contre les
commerçants de Transylvanie qui se rebellent contre ses lois. En 1457, les
commerçants de Sibiu essaient de le remplacer par un Prêtre des Roumains,
identifié comme étant le futur souverain Vlad IV Calugarul, qui leur promet
des avantages douaniers. Les commerçants de Brasov choisissent un autre
prétendant, Dan III Danicul, le frère de Vladislav II de Valachie. Vlad
franchit alors les Carpates et court de village en village punir les
rebelles, jusqu'au moment ou Matthias Corvin le Juste fils de Jean Hunyade
devenu roi de Hongrie, est obligé d'intervenir en négociant un accord, ce
qui montre les limites de l'indépendance du pouvoir de Vlad Tepes, même sur
ses terres, en face du pouvoir hongrois. Dan III, soutenu par Mathias, passe
les Carpates depuis Brasov vers la Valachie, où il est pris et exécuté par
Vlad le 22 avril 1460. Les représailles envers les marchands de Transylvanie
sont alors terribles, et Vlad mérite bien son surnom d'Empaleur.
Début 1462, Vlad se sent plus fort, et la participation que lui promet
Mathias en personne dans une expédition contre les Turcs l'enhardit jusqu'à
briser son allégeance envers les Ottomans. Il lance alors une campagne
contre les Turcs sur le Danube, tuant plus de 30 000 d'hommes. Vlad provoque
la colère du sultan Mehmed II, fils de Murad, lorsqu'il refuse d'accéder à
la demande des émissaires turcs pour le paiement du tribut au sultan.
Lorsque les émissaires du sultan refusent d'ôter leur turban en face de lui,
il s'assure qu'ils les garderont ainsi en les clouant directement sur leur
tête. Quand le sultan apprend l'exécution de ses émissaires, il décide de
punir Vlad en envahissant massivement la Valachie. Un autre objectif du
sultan est de transformer cette terre en province turque. Il entre en
Valachie avec une armée trois fois plus importante que celle de Vlad. Sans
alliés, celui-ci doit se résoudre à se retirer à Târgoviste, à brûler ses
propres villages, et à empoisonner les sources sur sa route, de façon à ne
plus rien laisser à boire et à manger à l'armée turque.
Lorsque
le sultan arrive à Târgoviste, il est confronté à une vision d'épouvante :
sur des milliers de pals, les corps de plus de 20.000 prisonniers turcs sont
dressés, une scène terrifiante qui fut surnommée «la Forêt des Pals».
Photo : Tragoviste, l'ancien palais du prince de Valachie.
Mehmed, fatigué et affamé, reconnaît sa défaite, et s'en
retourne à Istanbul (la scène, décrite par Victor Hugo, dans sa Légende des
siècles, témoigne de cet incident étonnant). Mehmed II préfère laisser sa place
au combat à Radu III l'Élégant (Radu cel Frumos), le plus jeune frère de Vlad,
candidat des Turcs pour le trône de Valachie.
À la tête de l'armée turque et d'hommes qu'il convainc de rejoindre son camp
plutôt que d'obéir à Vlad, il poursuit son frère jusqu'au Château Poenari, sur
l'Arges. D'après la légende, la femme de Vlad, qui veut s'échapper d'un cachot
turc, se donne la mort en se jetant du haut de la falaise - une scène exploitée
par Francis Ford Coppola dans le film Bram Stoker's Dracula. Vlad, qui n'est pas
le genre d'homme à se suicider, réussit à s'échapper du siège de sa forteresse,
en empruntant un passage secret à travers la montagne. Radu le Beau monte sur le
trône de Valachie le 15 août 1462.
Vlad revient en Transylvanie pour rencontrer Mathias qui, pense-t-il, arrive à
Brasov pour se porter à son secours. Mais les autorités locales de Brasov ont
déjà changé d'avis en reconnaissant Radu comme souverain depuis deux mois, et
Mathias, qui constate la situation, et qui est «aidé» dans sa décision par les
commerçants saxons, fait arrêter Vlad par un chef hussite connu, Jan Jiskra en
novembre 1462. Vlad est maintenu prisonnier à Buda pendant douze ans, libéré, il
retourne à Bucarest.
En 1476, Vlad est reconnu à nouveau comme prince de Valachie,
mais il ne se réjouit que peu de temps de son troisième règne. Il est assassiné
à la fin du mois de décembre 1476 à Bucarest. Le corps de Vlad Tepes est
décapité et sa tête envoyée au sultan, qui la pique sur un pieu comme preuve
qu'il est bien mort. Vlad Tepes est enterré au monastère de Snagov, sur une île
proche de Bucarest. Selon l'historien réputé Constantin Rezachevici, ce tombeau
pourrait être situé sur la localité du monastère de Comana (Constantin
Rezachevici „Unde a fost mormântul lui Vlad Tepes ?“ (II), Magazin Istoric,
nr.3, 2002, p.41).
Des études récentes ont montré que le «tombeau» de Vlad Tepes au monastère de
Snagov ne contient que quelques ossements de chevaux, datés du néolithique, et
ne correspondent pas aux vrais restes du prince valaque.
Anecdotes sur "Dracula"
Vlad
se préoccupe aussi beaucoup du fait que tous les valaques doivent travailler et
être productifs pour la communauté. Il n'aime pas voir les pauvres, les
vagabonds, les mendiants et les voleurs. On raconte qu'un jour il invite tous
les pauvres et les malades de Valachie à la cour princière pour un banquet
d'honneur. Quand ceux-ci ont mangé et bu, ils leur demande s'ils désirent ne
plus jamais être pauvres. Ils répondent que oui. Alors il ordonna que l'on ferme
les portes de la salle, et qu'on y mette le feu. Personne ne survécut.
Une autre histoire concerne deux moines en visite en Valachie au château de
Vlad. Les moines connaissaient la réputation de cruauté de Vlad, et quand Vlad
leur demande leur avis sur sa façon de régner, le premier ment, en disant que
Vlad est dur mais juste, parce qu'il est prince; le second dit la vérité en
condamnant ouvertement les méthodes sacrilèges de Vlad. Les récits se perdent en
conjectures pour connaître celui des deux moines qui fut mis au pal.
Tout sombre qu'il soit, on attribue à Vlad un certain humour cynique :
l'histoire raconte qu'un jour, indisposé par l'odeur des suppliciés, un jeune
noble s'en plaint au prince. Il le fit empaler, mais plus haut que ses
prédécesseurs.
On
ne sait pas exactement pourquoi Bram Stoker a pris comme modèle pour son
personnage de fiction le prince de Valachie du XVe siècle. Quelques-uns ont
proposé l'idée que Stoker aurait rencontré un professeur hongrois de
l'Université de Budapest, Arminius Vambery (Hermann Vamberger), et il est
possible qu'il ait pu avoir des informations sur Vlad Tepes. En outre, le fait
que le Dr. Abraham Van Helsing mentionne son ami Arminius dans le roman de 1897
comme source de ses connaissances sur Vlad Tepes semble être en faveur de cette
hypothèse. De même, il faudrait se souvenir que le seul lien réel entre le Vlad
Tepes historique (1431-1476) et le mythe littéraire moderne du vampire est le
livre de Stoker; Bram Stoker s'est servi des sources populaires, de détails
historiques et de quelques expériences de sa vie personnelle pour donner la vie
à une créature complexe. D'autre part, il est bon de mentionner que les
adversaires politiques principaux de Vlad - les Saxons de Transylvanie - se sont
servi du sens de diable du mot roumain drac pour jeter le discrédit sur la
réputation du prince. En effet, ils auraient pu associer les deux sens du mot
roumain, dragon et diable pour expliquer une relation plus étroite entre Vlad
Tepes et les vampires.
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